trucs pour survivre au deconfinement

5 trucs pour survivre au déconfinement lorsqu’on a un problème de consommation

Écrit par Karim M'sallem

22 juillet 2021

On l’attendait, ce mirage au loin, cette oasis au milieu du désert, ce moment où on allait faire un grand soupir de soulagement et se dire : «ENFIN !». Certains comparent ce sentiment au fait de se sortir la tête de l’eau après avoir retenu son souffle trop longtemps et pour d’autres, c’est de se lancer dans le vide sans parachute. Ce déconfinement, lorsqu’on a un problème de consommation, amène un lot de défis, mais d’opportunités aussi. Je vous présente ici 5 trucs pour y survivre ou plutôt, y naviguer sans trop de vagues.

 

Entre en contact avec les ressources d’aide pour les problèmes de dépendance

La pandémie, le confinement et les mesures d’urgence ont été catastrophiques pour l’ensemble des milieux venant en aide pour les personnes ayant une problématique en dépendance. Un peu comme si la société avait dit : «tu as juste à cesser de consommer, c’est ta faute» ! De quoi nous faire frissonner et serrer les dents à la fois.  Ce ne sera pas  un défi de vous convaincre que le déconfinement n’est que positif pour les ressources d’aide pour les problèmes de dépendance.

 

Cela signifie que les services offerts par les Centres de Réadaptation en Dépendance se retroussent les manches, que les CLSC ouvrent leurs différentes offrent de services en présentiel, que les centres de thérapies privés ont plus de liberté d’agir et que les organismes communautaires, bien que toujours sous-financés, ont enfin la possibilité de réaliser 110% leur mission.  Je t’invite à cogner à ces différentes portes, quelqu’un t’ouvrira. S’il te plait, enlève de ta tête (si c’est le cas) que cela ne s’adresse qu’à une certaine «classe de population». La dépendance ne dépend pas du nombre de 0 dans ton compte en banque.

 

Ne reste pas seul, mais reste bien entouré pendant le déconfinement

Tu as probablement vu assez clairement dans la nuance de ce titre : «ne reste pas seul, mais bien entouré». Le sous-texte n’est pas vraiment caché, car tu sais très bien comment différencier qui sont les gens importants et aidants dans ta situation de ceux qui te tirent un peu vers le déséquilibre et qui ne sont pas supportant ainsi que derrière toi à 100% dans cette démarche.

Vous me l’avez entendu dire dans le groupe privé de la Clinique Addiction, les relations significatives et les liens avec des proches sont des facteurs très importants pour sortir de ce cycle de la dépendance. Toutefois, si la pandémie et le confinement vous ont permis de faire un certain ménage dans votre environnement et vos amis plus «toxique», je vous invite à maintenir cette limite.

«Karim, tu dis ça comme si c’était simple…»

Je sais. C’est difficile, voire même souffrant. Je ne te demande pas de couper les ponts avec tes proches avec un lien de sang, d’ignorer tes amis que tu aimes, mais qui ignore tes tentatives de réduire ou cesser ta consommation. Je te demande d’avoir un pas de recul, d’identifier les limites nécessaires que tu as besoin dans certaines relations et de les appliquer avec bienveillance pour toi et pour les autres. Si tu veux survivre au déconfinement, que tu as un problème de consommation, reste bien entouré. Si tu te sens seul dans tout cela, rejoins notre groupe, on est là !

 

Explore des hobbies, enfin !

Le déconfinement nous permet enfin de refaire, avec moins de restrictions, diverses activités qui nous ont manqué dans ce long hiver confiné. Problème de consommation ou non, c’est une joie en soi, mais lorsqu’on lutte contre une dépendance, cela est un atout dans notre jeu de cartes.

Cela ouvre un grand champ d’activités pour un objectif bien spécifique à la recherche d’équilibre que tout consommateur souhaite. Cela permet d’explorer des intérêts qui répondent à nos besoins et la fonction de notre consommation parfois. Si tu consommes pour t’apaiser, peut-être que tu vas remarquer que les cours de yoga te font du bien à moyen terme et pas juste à court terme comme ta canette.  Si tu t’inscris à un cours de vélo de montagne parce que toi, quand tu consommes, tu explores des sensations fortes, tu verras peut-être une différence dans ton quotidien et tu te connecteras peut-être avec des choses réellement importantes pour toi. Qui sait, peut-être que tu y développeras de nouvelles amitiés?

Je ne dis pas ici que c’est ça la clé de la sobriété ou la prévention de la rechute et qu’il n’y a rien d’autre. Mais des passions, ça se découvre, ça ne te tombe pas sur la tête. C’est rarement les premières fois que l’on prend goût à quelque chose (même la consommation…), c’est en y mettant du temps, de l’argent et en répétant souvent le comportement (ou l’activité) et en s’y commettant que ça se développe. Comme une dépendance. 

Bref, en déconfinement, rajoute-toi une activité à découvrir et qui est en cohérence avec tes valeurs, mais fait attention de ne pas t’éparpiller ou te mettre un objectif pas atteignable. C’est pas vrai que tu vas monter le mont Everest d’ici la fin de l’été !

 

Même si on déconfine, maintien ta routine

On a plus de liberté, mais ce n’est pas une raison de ne plus être dans la stabilité. Avoir une routine quotidienne et savoir ce qui nous attend minimalement chaque jour aide grandement à mieux gérer l’anxiété au quotidien. L’imprévu, la nouveauté et l’impression de ne pas avoir le contrôle sont parmi les principaux ingrédients du stress. Voilà pourquoi il est important de prendre les devants et d’organiser tes journées à ton image pour qu’elles soient saines, équilibrées et à l’image de la personne que tu veux être.

 

Par exemple, si possible, impose toi de te lever et te coucher aux mêmes heures, manger tes repas à des heures fixes, insérer des activités pour prendre soin de toi et d’apaiser ou bien te défouler (c’est quoi la fonction de ta consommation toi? t’apaiser, te récompenser, avoir un rush d’adrénaline?). Plusieurs études démontrent le fait que maintenir une routine aide à la gestion du stress et de l’anxiété.

 

Reste centré sur tes objectifs

Pour survivre au déconfinement lorsque tu as un problème de consommation, tu dois rester centré sur tes objectifs. Tout d’abord, assure-toi d’avoir des objectifs SMART. Comme mentionné plus tôt, le déconfinement amène son lot de possibilités et cela peut-être un piège en s’éparpillant.

Les cravings c’est insidieux, ça se peut que plusieurs pensées intrusives viennent de te chercher du genre : «on a été confiné tellement longtemps, ça mérite un petit break». Ne t’en veux pas trop d’avoir ces idées de consommer tout à coup, c’est normal. Toutefois, il y a une différence entre la normalité et la vérité. Depuis quand ta tête a toujours raison? Est-ce que cette pensée-là est sans conséquence et va t’aider à te rapprocher de ce qui est réellement important pour toi dans la vie ou c’est un apaisement à court terme que tu recherches? Plusieurs stratégies peuvent t’aider à surmonter ces cravings et rester centré sur tes objectifs.  Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite fortement à faire une petite lecture de notre ebook : l’art d’accepter et d’accueillir des envies de consommer.

En conclusion, oui on peut se réjouir du déconfinement, de l’été à nos portes et de toutes les belles occasions qui se présentent désormais à nous, mais il faut garder le cap. Viens nous jaser ça si le coeur t’en dit. On est plusieurs à vouloir t’épauler et on veut t’entendre, car tes pensées et émotions méritent d’être accueillies! 

 

Bon déconfinement ! 

 

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