Semaine de sensibilisation aux dépendances 2021

Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances 2021

Écrit par Valérie Desjardins

19 novembre 2021

La semaine nationale de sensibilisation aux dépendances 2021 vise à mettre en évidence des solutions efficaces pour le traitement des dépendances. Entre autres, elle contribue à la réduction des méfaits liés à la consommation d’alcool et de drogues. Il s’agit d’une belle occasion pour les Canadiens de s’informer sur la prévention des dépendances, le traitement ainsi que le rétablissement.

#Porter le changement ensemble

Du 21 au 27 novembre 2021 aura lieu la semaine nationale de sensibilisation aux dépendances au Canada sous le thème de #Porter le changement ensemble.  Selon le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, ce thème soulève l’importance de collaboration en tant que communauté pour faire bouger les choses. Pour ce faire, les Canadiens sont invités à réfléchir à la façon dont ils perçoivent l’usage des substances ainsi que les personnes qui consomment.

La stigmatisation qui entoure l’usage de substances

Malheureusement, l’usage de substance demeure un sujet stigmatisé. La stigmatisation qui entoure l’usage de substances constitue un énorme obstacle pour les personnes qui souhaitent recevoir un traitement. Les croyances, les attitudes, les comportements discriminatoires, les stéréotypes qui entourent l’usage de substances amènent les personnes qui en souffrent à vivre beaucoup de honte et de culpabilité.  En effet, la stigmatisation qui entoure l’usage de substances est souvent blessante et elle comporte de réelles conséquences, et ce, tant pour la personne qui consomme que pour sa famille, ses amis, employeur, etc. La honte et la culpabilité ressenties font en sorte que tous se referment sur eux-mêmes par peur de faire face aux jugements et aux stéréotypes. La semaine nationale de sensibilisation aux dépendances est un moyen parmi d’autres de contrer la stigmatisation.

Quelques statistiques sur l’usage des substances et la stigmatisation

Je suis toujours surprise de voir à quel point il s’agit d’un sujet tabou lorsque je constate quelques statistiques sur l’usage des substances et la stigmatisation. Je me demande pourquoi entretenir le stigma alors que tant de personnes en souffrent? Prenez un moment pour penser à votre entourage immédiat et comptabiliser le nombre de personnes qui selon vous, présente une problématique d’usage de substances, vous serez surpris! Pourquoi ne pas porter le changement ensemble au lieu d’isoler les personnes qui souffrent par les jugements?

Voici quelques statistiques sur l’usage des substances. Un Canadien sur 10 souffre de problème de consommation aujourd’hui. Huit Canadiens sur 10 ayant un trouble lié à l’usage de substances ont dit faire face à des obstacles à leur rétablissement, y compris la stigmatisation. Enfin, près de la moitié des Canadiens en rétablissement d’un trouble lié à l’usage de substances ont vécu de la stigmatisation pendant leur période de consommation active.

Les conséquences de la stigmatisation

Si je vous disais que le maintien des problématiques de dépendance est l’une des conséquences de la stigmatisation, me croiriez-vous? Oui, vous avez bien compris; je dis que le fait d’entretenir des préjugés et fausses croyances à l’égard des personnes qui souffrent de dépendance contribue au maintien de leur problématique. Évidemment, ce n’est pas le seul facteur contribuant au maintien de l’usage des substances, mais il s’agit d’un facteur puissant.

Les conséquences stigmatisation, il y en plusieurs.

  1. La stigmatisation isole les personnes qui consomment. Les préjugés à l’égard de leur identité, le dénigrement de la valeur de la personne à cause de sa consommation, l’utilisation de certains qualificatifs pour déshumaniser la personne constituent des raisons qui portent les personnes qui souffrent à s’isoler.
  2. La stigmatisation porte les personnes qui consomment à croire que leur vie n’a pas d’importance. La honte ressentie empêche les personnes à demander de l’aide et portes à croire que même si elles en demandent, elles n’en recevront pas. Elles ont l’impression que personne ne peut les écouter et que personne ne se soucie d’elles.

Les blessures de la stigmatisation

La stigmatisation elle est partout, dans toutes les sphères de la société et par le fait même, nuit au bienêtre de tous. Les blessures de la stigmatisation se manifestent par le langage que l’on emploie. En effet, ce langage dissuade les personnes à demander de l’aide, nuit à la qualité des services de santé et à leur accessibilité.

Mettre fin à la stigmatisation

Mettre fin à la stigmatisation implique de changer votre façon de parler de l’usage des substances. Les faits relatés ci-dessus sont assez convaincants pour vous amener à changer vos façons de voir les choses! Les propos stigmatisants sont BLESSANTS, arrêtons de les utiliser!

Pour mettre fin à la stigmatisation, il faut d’abord comprendre ce qu’est la dépendance et savoir reconnaître un trouble lié à l’usage des substances. Ensuite, il faut utiliser un langage qui met l’accent sur LA personne et non pas sur ses caractéristiques de santé. Est-ce qu’on appelle un diabétique : le diabétique? Non. Pourquoi appelons-nous une personne qui souffre de dépendance : un alcoolique? Un drogué?  Le fait de traiter quelqu’un de toxicomane, c’est extrêmement déshumanisant. Comme si cette personne n’était pas autre chose que sa dépendance.

Vous croyez peut-être que ces propos n’ont pas autant d’impact, mais oui, ils en ont. La personne qui souffre pourrait s’identifier au fait d’ÊTRE toxicomane, ce qui peut amener un problème d’identité et le cristalliser dans da dépendance.

#JeMetsFinàlaStigmatisation

#JeMetsFinàlaStigmatisation, c’est de changer les termes que nous employons pour lutter contre les stéréotypes négatifs. Voici quelques idées de discours inspirés du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances :

Quand vous entendez ceci:

« Quand je vois des toxicomanes au centre-ville, je ne comprends pas pourquoi ils ne se prennent pas en main. Il me semble qu’ils devraient se respecter un peu; la façon qu’ils choisissent de vivre est dégoutante. »

Vous pouvez dire cela:

« Quelqu’un m’a dit d’imaginer que j’avais devant moi un enfant qui avait fait de son mieux. Puis de me demander quels problèmes il avait rencontrés en grandissant et quels problèmes il vit maintenant, pour souffrir autant. En faisant ça, j’ai compris qu’il vivait une existence qu’il n’aurait jamais pensé vivre. Je me demande s’il y aurait une façon de l’aider? Nous pourrions au moins respecter son humanité et utiliser un langage axé sur la personne. »

Quand vous entendez ceci:

« Je vois que Fred est enfin de retour au travail. Il a été parti 28 jours, alors c’est facile de deviner où il était passé. Je ne pourrais pas me montrer ici après avoir été en désintox. Il doit vraiment avoir besoin d’argent pour être revenu. Surveille tes affaires. »

Vous pouvez dire cela:

« Je m’inquiétais aussi de la santé de Fred. Je me suis renseigné sur le trouble lié à l’usage de substances, pour mieux comprendre ce qu’il traverse. Savais-tu que ce qui empêche le plus les gens de demander de l’aide, c’est la stigmatisation? Je pense que c’est pour ça que l’entreprise a une assurance médicale qui couvre ce trouble pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. De cette façon, nous ne perdons pas d’employés compétents à cause d’un problème de santé. Je ne manquerai pas d’aller accueillir Fred à son retour, pour l’encourager. »

Tu veux mettre fin à TA stigmatisation?

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Voici les ressources:

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